LUTER CONTRE LES MALADIES DU POTAGER

Votre jardin fait mine basse en ce moment ? Rassurez-vous, la plupart des jardiniers se sont un jour retrouvés devant un jardin qui, malgré leurs efforts, ne semblait pas très heureux. Eh oui, le jardin a de nombreux ennemis prenant un malin plaisir à venir détruire le fruit de vos efforts pour en profiter à votre place.
Heureusement, pour les plantes comme pour les êtres humains, la plupart des maladies ont leur remède. Ne vous découragez donc pas si votre jardin ne se porte pas très bien en ce moment, il est toujours possible de se débarrasser de ses intrus qui se sont invités dans votre jardin.

"Soit proche de tes amis, mais plus encore de tes ennemis"... En effet, pour pouvoir combattre ses ennemis, encore faut-il les connaître. Voyons donc à qui nous avons à faire.

Les champignons

Il s’agit d’organismes qui vont s’organiser en petites légions pour s’en prendre à la plante, et gagner très vite un maximum de terrain. La plupart des champignons se plaisent dans les endroits frais et humides. Avec ce type de maladie, la meilleure des options est toujours la prévention. Il est toutefois possible pour certains de s’en débarrasser après infection :

 

La fonte des semis, maladie du dessèchement

Cette maladie est due à un champignon qui se développe grâce à l’humidité. La fonte des semis s’en prend principalement aux crucifères, aux courges, aux tomates et à la laitue. Elle provoque le desséchement des plantules qui finissent par mourir.
On la reconnaît aux petits collets rougeâtres que forme la pourriture à la base de la tige de la plante.
"Mieux vaut prévenir que guérir"... Le vieil adage a vu juste, en effet une fois la fonte des semis installée, il n’y a plus rien à faire. C’est donc par la prévention que l’on peut lutter contre cette maladie.

            - La règle de base (comme pour tout champignon) est d’éviter un excès d’humidité. Pour cela, n’arrosez pas systématiquement le sol, mais procédez parfois à une simple vaporisation des feuilles.
            - Pensez à éclaircir les semis trop denses pour éviter qu’une éventuelle plante infectée ne contamine toute la récolte.
            - Avant la plantation, il peut être judicieux de faire une culture d’engrais vert à base d’avoine, cette plante sécrétant des composés organiques qui attirent les spores des champignons.

 

 

 

Le botrytis, la maladie des vignes

Le botrytis est une forme de pourriture qui se développe par temps froid et humide. A l’affut de la moindre blessure pouvant lui procurer son billet d’entrée, ce champignon est dangereux par la vivacité dont il fait preuve quant à infecter ses proies.
On la reconnaît au duvet de moisissure grise dont elle recouvre les plantes infectées. Ce duvet n’est au départ formé que de petites taches brunes.
Ses principales victimes sont les oignons, la laitue, les fraisiers, les groseilliers, et les vignes.
Pour prévenir l’apparition du botrytis, quelques précautions sont à prendre :
            - Prenez garde que les plants ne soient pas trop serrés. N’oubliez pas ! Le botrytis est un opportun qui n’éprouvera aucun scrupule à profiter d’une occasion donnée d’infecter tout le potager en voyageant de plante en plante.
            - N’ayez pas la main trop lourde sur le compost qui garde l’humidité, facteur favorable à la croissance du champignon.
            - Evitez au maximum de mouiller le feuillage.
            - Toujours dans un souci d’éviter un excès d’humidité, préférez un arrosage matinal.
Si toutefois le botrytis parvenait à infecter votre potager, il est toujours possible d’engager le combat contre ce néfaste pour tenter de s’en débarrasser :
            - Si une plante est touchée, n’ayez aucun scrupule à retirer tout de suite la partie infectée, voire tout le plant, et à le bruler immédiatement.
            - Stimulez ensuite la croissance des jeunes plants grâce à du purin d’orties.
            - Arrosez le sol avec une décoction de prêle.

 

Le mildiou, cauchemar du jardinier

Cette maladie est due à un champignon pathogène, le Phytophthora infestans, se développant principalement par temps humide. C’est en atteignant la plante de l’intérieur que le mildiou s’en prend aux végétaux, les faisant alors dépérir.
Le mildiou se reconnaît aux petites taches jaunes et au feutrage blanchâtre qu’il provoque respectivement sur le dessus et le dessous des feuilles. Très vite, les taches vont commencer à brunir, s’étendre aux fruits et à les faire pourrir.
Connu pour s’en prendre à la pomme de terre, le mildiou s’attaque aux légumes en général. Comme par exemple la tomate, le poivron et l’épinard.
Pour une bonne prévention contre le mildiou, faire attention aux points suivants :
            - Ne plantez pas trop serré, comme beaucoup d’autres champignons, le mildiou voyage aisément de plante en plante, et n’aurait aucun mal à infecter tout le potager.
            - Pour les mêmes raisons, évitez de planter des tomates à proximité de pommes de terre (ces plantes pouvant être toutes deux infectées)
            - Le mildiou persistant dans le sol, veillez à une bonne rotation des cultures
            - Evitez au maximum de mouiller le feuillage
            - Arrosez le matin plutôt que le soir pour éviter un excès d’humidité.
Si le mildiou a atteint votre jardin :
- Dès l’apparition des premiers symptômes, coupez les parties infectées.
- Vous pouvez également vaporiser un peu (et seulement un peu, afin de bien respecter l’équilibre du sol), de fongicide à base de cuivre.

 

L'oïdium, un aspect farineux gris clair

L'oïdium est un champignon de la famille des érysiphacées. Il aime la fraicheur et l’humidité, montre généralement le bout de son nez en avril-mai. Ceci étant, l’oïdium peut aussi proliférer par temps sec.
On le reconnait à la couche farineuse de couleur gris clair dont il recouvre les feuilles, les boutons et les fleurs.
L’oïdium s’en prend généralement aux arbres fruitiers, aux courges et aux rosiers.
Pour prévenir l’apparition de l’oïdium :
            - Ne pas planter trop serré afin d’éviter la propagation de la maladie.
            - Penser à bien aérer pour que l’humidité ne stagne pas trop
            - Supprimer toute partie infectée.
            - Par temps chaud, éviter de trop mouiller les feuilles.
Pour lutter contre l’oïdium :
            - Le plus efficace reste le traitement au permanganate de potassium. Pour de bons résultats, traiter deux fois par jour.
            - Vous pouvez également vaporiser avec du soufre. Mais attention, au-delà de 30°C, le soufre risquerait d’intoxiquer les plantes.

 

La rouille, un aspect disgracieux

 

La rouille, qui est causée par différents types de champignons, est une maladie cryptogamique. Si son nom fait peur, la rouille n’est en revanche que peu gênante, le soucis résidant surtout dans son aspect disgracieux et peu apétissant.
La rouille forme sur les feuilles et la tige un gonflement au départ orangé, qui va progressivement virer au brun, voire au noir.
Les plus sensibles à la rouille sont les rosiers, les groseilliers, les haricots et les conifères.
Pour prévenir l’apparition de la rouille :
            - La rouille établissant facilement campement dans les débris végétaux, la première règle est de faire régulièrement le ménage en balayant toutes les feuilles mortes.
            - Espacez suffisamment vos plantations pour prévenir une propagation de la maladie.
            - Prévoir une bonne aération des plantes
            - N’arrosez pas trop fréquemment les plantes

Pour effectuer un traitement curatif sur la rouille :
            - Vous pouvez pulvériser un peu de souffre dispersible
            - Otez toutes les feuilles infectées et brulez-les

 

La fumagine

 

La fumagine est une maladie causée par des champignons très friands de sucre, et qui élisent domicile dans les sécrétions de pucerons. Bien que cette maladie affaiblisse la plante, elle n’est néanmoins pas dangereuse.
On la reconnaît à la croûte noirâtre qu’elle forme sur les plantes.
La fumagine peut s’en prendre à toute plante hébergeant des pucerons. Pour lutter contre la fumagine, il n’y a donc pas trente-six solutions : il faut éliminer les pucerons !
Pour faire fuir les pucerons de vos rosiers, il y a aussi des astuces !

 

Lutter contre la hernie du chou

Provoquées par un champignon microscopique, Plasmodiophora brassicae, ces monstrueuses déformations racinaires sont connues depuis le Moyen Age, où l’on parlait de “syphilis du chou”. C’est une maladie spécifique des crucifères (ou Brassicacées) que l’on retrouve sur les navets, les rutabagas, le colza et parfois sur les radis. Les crucifères sauvages, comme la bourse-à-pasteur, la ravenelle et la moutarde y sont également sensibles.

Pour éviter de disséminer les spores dans le sol, il faut enlever et brûler les plantes atteintes au fur et à mesure. C'est à peu près la seule mesure de lutte directe que l'on puisse appliquer.

Tous les efforts doivent donc se concentrer sur la prévention, en particulier après un hiver très humide :

  • Vous adopterez tout d'abord des rotations d'autant plus longues que les conditions sont favorables au développement du champignon, afin de ne pas cultiver de crucifères au même endroit avant plusieurs années (sept à huit ans si la maladie s'est déjà déclarée). 
  •  Il est possible de modifier ces conditions favorables à la hernie: 
    • en drainant et en allégeant les sols trop humides ou asphyxiants ;
    • en relevant progressivement le pH du sol par des amendements calcaires : calcaire broyé, dolomie, marne, craie, chaux éteinte (20 kg pour 100 m2 ), sable coquiller (qui allègera aussi la structure du sol).

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Lutter contre la moniliose au verger

 

La moniliose est une maladie provoquée par un champignon, le monilia, très répandu dans nos vergers...

En été, les fruits pourrissent sur l'arbre, et il se développe en surface une sorte de poudre placée en cercles concentriques grisou beige, les bouquets floraux se dessèchent et restent sur l'arbre. Les rameaux contaminés présentent des chancres (plaies) et de la gomme. Le champignon hiverne dans les chancres.

Les victimes sont le plus souvent : pêcher, abricotier, pommier, poirier et cognassier...
Dès l'apparition des premiers symptômes, il vous faudra agir vite afin de limiter la propagation de la maladie. Commencez par supprimer les fruits momifiés sur l'arbre et ramassez ceux tombés à terre. Brûlez-les.

Il est important de bien aérer la ramure des arbres. En particulier si la récolte promet d'être abondante. En hiver, coupez certaines branches afin de bien équilibrer les branchages. N'oubliez pas de cicatriser les plaies. Ôtez le bois mort. Supprimez une partie des fruits encore jeunes pour que l'air circule bien, que les fruits ne soient pas trop collés les uns aux autres et que l'arbre ne s'épuise pas.
Brossez les troncs et les branches à l'aide d'une brosse aux poils pas trop souples sinon cela ne servira à rien.
Vous pouvez éventuellement badigeonner le tronc de lait de chaux. Il s'agit d'un préparation naturelle qui détruit les parasites réfugiés sous l'écorce des arbres fruitiers ainsi que les champignons responsables des maladies cryptogamiques comme la moniliose, la tavelure, le chancre...

 

Lutter contre la tavelure

 

La tavelure est du comme toute les maladies cryptogamiques, à un champignon microscopique qui s'attaque au feuilles et aux fruits de certains arbres fruitiers comme les pommiers, pruniers, poiriers...
La maladie est reconnaissable car elle forme sur les feuilles des taches brunâtres de quelques millimètres accolées les unes aux autres. la feuille finit par se déformer.
Les fruits vont jusqu'à les déformer totalement, ils se crevassent et sont impropres à la commercialisation.


Prévention

  • ·  Utilisation d'urée en pulvérisation à 5% juste après la récolte et avant la chute des feuilles. L'urée supprime l'ejection d'ascospores et favorise le rendement de l'année suivante.On peut également utiliser l'urine humaine ( 2,3% d'urée) ou l'urine de vache (4 à 5 % d'urée)
  • ·   A l'automne, tailler toutes les parties atteintes ainsi que les feuilles tombées et les brûler afin de supprimer les ascospores.

Traitements curatifs

  • ·         Traitement cuprides
    A base de bouillie bordelaise ou de cuivre
  • ·         Bouillie nantaise obtenue par chauffage d'un mélange de lait de chaux et de soufre.

 

Les bactéries

La maladie peut également se manifester sous forme de bactérie. Les bactéries sont en fait des organismes monocellulaires, et dont la taille n’est pas du tout au prorata des dégâts qu’elles peuvent causer. Attention donc, si leurs mensurations sont ridiculement petites, leur pouvoir d’action lui, est très grand. Les bactéries profitent de toutes les plaies et lésions pour pénétrer la plante, et émettre des substances toxiques.
       Ceci ayant comme conséquences une infection générale de la plante. Les feuilles vont jaunir, la partie en pleine air de la plante va se dessécher tandis que la partie souterraine va pourrir.
       Aux grands maux les grands remèdes, pour lutter contre les bactéries, il faut procéder à une désinfection totale du sol, et brûler toutes les plantes malades.

 

Les virus


Les virus sont des organismes ultramicroscopiques qui vont attaquer la plante en s’en prenant directement aux cellules végétales. Elles peuvent infecter la plante en pénétrant par une lésion. Les insectes, l’eau, le vent, les outils et le sol peuvent participer à sa propagation.
Les virus ont généralement pour conséquence une déformation de la plante (torsions, nanisme, flétrissures etc…)
La prévention est la seule défense contre les virus. Veillez donc à bien désinfecter vos outils, à vérifier la provenance de vos graines ou plants. Détruisez systématiquement tous les sujets atteints par un virus.