Histoire des jardins familiaux en France

" Jardin ouvrier " - " Jardin familial " 

 

Le terme " jardin ouvrier " fut inventé par l'abbé Lemire.
Au début, les jardins étaient en effet destinés à la population ouvrière. Au fil des ans, la nouvelle composition sociale des locataires (les ouvriers étaient encore présents certes, mais d'autres catégories socioprofessionnelles étaient également représentées) fut à l'origine d'une nouvelle appellation : les "Jardins familiaux ".

Cette appellation est celle qui fut officiellement adoptée le 26 juillet 1952 dans la loi destinée à codifier les normes relatives aux jardin familiaux. Cette même loi prévoyait également l'exonération de l'impôt foncier.


Les dates

Avec la création en 1896 de la Ligue du Coin de Terre et du Foyer, les jardins ouvriers connaissent un véritable essor. La popularité de la Ligue atteindra son apogée lors de la Première Guerre mondiale (1914‑1918). Les jardins seront un remède efficace à la pénurie alimentaire.

Mais d'autres types de jardins verront également le jour : jardins militaires, jardins d'hôpitaux, jardins pour réfugiés, jardins scolaires, jardins de patronage, jardins pour anciens combattants.

La crise économique des années 30 favorise la création de nouveaux jardins.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale (1939‑1945), les jardins ouvriers connaissent un nouveau bond en avant. À noter qu'ils serviront également à étayer l’idéologie pétainiste, comme en témoignent les actualités cinématographiques de l’époque, qui vantent les mérites des « jardins du Maréchal » : travail, famille, mérite.

Après‑guerre, le retour à la vie normale et les besoins alimentaires étant comblés, les jardins connaissent une certaine désaffection.

L’urbanisation galopante des années 60 marquera leur déclin.

Le regain d’intérêt ne reviendra que dans les années 80.

1896
Création par l’abbé Lemire de la Ligue du Coin de Terre et du Foyer.

1904 / 1907
Création de la Société des Jardins Ouvriers de Paris Banlieue et du Bien de la Famille (ces organisations seront rattachées à la Ligue en 1910).

1921
La Ligue Française devient également « Fédération des Jardins Familiaux ».

1926
Création de l’Office International des fédérations des jardins ouvriers (Angleterre, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Hollande, puis Danemark, Finlande, Norvège et Suède).

1933
Parution du journal « Le Jardin Ouvrier de France », successeur du premier bulletin « Le Coin de Terre et du Foyer », publié dès novembre 1897.

1952
Loi relative aux jardins familiaux (cette appellation est officiellement adoptée), prévoyant notamment l’exonération de l’impôt foncier.

1976
Loi prévoyant la création et la protection des jardins familiaux, grâce notamment au droit de préemption des SAFER (Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural) et des communes.

1993
Charte Nationale des Jardins Ouvriers Familiaux et Sociaux avec le Ministère de l’Environnement.


Histoire des jardins familiaux à Besançon

Entre 1898 et 1903, les premiers jardins ouvriers prennent racine sur des terrains municipaux.

Le patronage revient alors à l'Institution Sainte-Marie, et des lopins de campagne font de la résistance à l’urbanisation galopante.

Pendant la Première comme la Deuxième Guerre mondiale, face aux problèmes de ravitaillement, les jardins sont réquisitionnés pour nourrir les soldats.

Après 1945, le credo des jardins ouvriers fléchit. Est‑ce la poussée des HLM, l'amélioration du niveau de vie, le développement des résidences secondaires ? Toujours est‑il que, de 700 000 après la guerre, les jardins ouvriers chutent à 130 000 en 1978.

Dans les années 80, une embellie se dessine et la croissance des jardins reprend.

Le citadin, lassé du poulet aux hormones, reprend goût à la campagne. Par ailleurs, « d'ouvriers, ces jardins sont devenus familiaux », et ne sont plus exclusivement réservés aux seules familles ouvrières.

À Besançon et ses environs, l'embellie de ces jardins ne se dément pas. Depuis 1986, date de la création de l'Association, quatorze sites ont été aménagés, soit plus de huit hectares de terrains municipaux.

Si les jardins historiques sont bien sûr ceux de Planoise, ces poumons du jardinage essaiment aujourd’hui dans tous les quartiers : Velotte, Vaite, Gare d’Eau, Malcombe, Saint‑Ferjeux, Tilleroyes, rue de Vesoul, Clairs‑Soleils, Battant, Chaprais, Port‑Douvot. Un quinzième voit le jour début 2001 chemin des Relançons aux Orchamps, et un seizième, Isenbart, ouvre début 2006 dans la rue du même nom.

Le profil du jardinier évolue : une majorité est représentée par des personnes modestes qui jardinent avant tout pour nourrir la famille. 50 % d'ouvriers, dont 70 % de personnes d'origine étrangère, et le reste se répartit dans toutes les catégories socio‑professionnelles, avec une forte progression des retraités.


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